AccueilAccueil

Hitler... Chef de guerre


Des décisions parfois lumineuses...
Ce serait une erreur de comparer Hitler à un vulgaire stratège de café du Commerce parlant à tort et à travers de questions auxquelles il ne connaît rien. Hitler, qui était doué d'une mémoire exceptionnelle, a lu au cours de sa carrière une quantité invraisemblable de livres. Déjà, à Landsberg, il avait à sa disposition une bibliothèque fort bien garnie. Rendu à la liberté, il continue à lire autant que son activité politique le lui permet. Il s'intéresse à toutes les questions économiques et militaires, à l'Histoire, où il veut sans cesse trouver des précédents, aux questions techniques, qui le passionnent. Souvent il stupéfiera ses conseillers militaires par l'étendue de ses connaissances.

Le danger d'une telle formation est qu'il en arrive bientôt à se considérer comme seul capable de comprendre des problèmes à propos desquels sa mémoire prodigieuse lui permet de prendre ses interlocuteurs en défaut sur des points de détail. Mais il n'en a pas toujours été ainsi. « Dans les premières années, écrit l'amiral Raeder, Hitler accueillait volontiers les avis ; il s'en tenait, dans la discussion, aux sujets sur lesquels on lui avait présenté des rapports ou des propositions motivées, y apportant des points de vue originaux, se montrant intéressé, sans se risquer sur des terrains qui n'étaient pas de la compétence de ses interlocuteurs... » Mais, progressivement, il en vint à s'arrêter à des idées préconçues, à considérer comme des panacées des solutions qui lui avaient une fois réussi, à se bâtir une doctrine à lui, dans laquelle il s'efforçait d'enfermer ses interlocuteurs. Aussi longtemps que les choses se présentaient bien, à l'époque des grandes victoires, il a généralement laissé les exécutants faire leur métier sans trop intervenir dans les opérations.
Les choses ont changé avec l'apparition des premiers revers. Encore est-il juste de reconnaître qu'à son échelon Hitler était mieux placé pour prendre les décisions qu'un commandant de théâtre d'opérations, dont l'horizon se limite aux seuls besoins de son théâtre, alors que lui, Hitler, pouvait juger la situation dans son ensemble. Cela dit, à mesure que les choses empireront, on assistera à une dégradation progressive des réactions du « chef de guerre ».
En définitive, l'intervention de Hitler dans la guerre se traduit par un grand nombre de décisions saines, parfois lumineuses, mais aussi par beaucoup d'erreurs dont les conséquences seront graves. Prenons-en quelques exemples dans le déroulement de la seconde guerre mondiale.

hitler chef de guerre